Les 4 et 5 février 2026, la région polonaise de Poméranie (Pomorskie Voivodeship) a accueilli une visite d’étude européenne dans le cadre du projet CARES – Remote Healthcare for Silver Europe.
À cette occasion, des représentants de collectivités régionales, d’établissements de santé, de centres de recherche et d’organisations sociales venus de toute l’Europe se sont réunis autour d’un enjeu commun. CARES est un projet Interreg Europe qui a pour mission d’améliorer les politiques locales et régionales afin de spécialiser et de diffuser les services de e-santé / soins de santé à distance pour les personnes âgées et les personnes en situation de handicap.
Invitée par le Gérontopôle Nouvelle-Aquitaine et la Région Nouvelle-Aquitaine, Station [e]-Santé y a porté la voix du CHU de Bordeaux et de ses partenaires, en partageant son approche de l’expérimentation en vie réelle des solutions numériques en santé.
L’un des enseignements majeurs de cette rencontre tient dans un constat largement partagé :
l’Europe n’a plus un problème d’innovation, mais un problème de passage à l’échelle.
De nombreux projets présentés – qu’il s’agisse de télésurveillance en Italie, de prévention en Espagne ou de télépsychiatrie en Croatie – démontrent que des solutions pertinentes existent déjà, testées et parfois éprouvées.
Pour autant, leur diffusion reste inégale et souvent limitée.
Ce décalage entre innovation et adoption fait directement écho aux travaux menés par Station [e]-Santé en France :
des solutions technologiquement matures, mais encore trop peu intégrées dans les pratiques quotidiennes.
La diversité des approches présentées lors de la visite a permis d’illustrer plusieurs leviers structurants pour accompagner la transformation des systèmes de santé.
Le Danemark a notamment mis en avant une stratégie numérique fortement pilotée, reposant sur une vision de long terme et une gouvernance claire.
À l’inverse, la Suède a insisté sur un facteur souvent sous-estimé : la formation des professionnels, condition indispensable à l’appropriation des outils.
Ces approches, bien que différentes, convergent vers une même idée : la transformation numérique ne repose pas uniquement sur la technologie, mais sur un alignement entre organisation, compétences et usages.
Dans ce paysage, Station [e]-Santé a partagé le modèle français des tiers-lieux d’expérimentation en santé numérique.
Ce modèle repose sur une conviction forte ; une solution ne peut être considérée comme pertinente que si elle a été confrontée aux réalités du terrain.
L’expérimentation en conditions réelles permet ainsi d’évaluer non seulement la performance d’une solution, mais aussi :
Ce positionnement a particulièrement résonné avec les préoccupations des partenaires européens, confrontés aux mêmes difficultés d’adoption.
Pour Station [e]-Santé, cette visite a également permis de renforcer une conviction, le passage à l’échelle ne pourra se faire sans des dispositifs structurés d’expérimentation et d’évaluation en vie réelle.
Les initiatives observées montrent que les solutions existent, mais que leur diffusion reste conditionnée par :
Dans ce cadre, les tiers-lieux apparaissent comme des outils structurants pour les politiques publiques, en permettant de sécuriser les décisions d’investissement et de déploiement.
La thématique du projet CARES, centrée sur le vieillissement, fait écho à des enjeux particulièrement sensibles.
Les personnes âgées concentrent en effet des problématiques multiples :
parcours de soins complexes, fragilité accrue, multiplicité des intervenants.
Dans ce contexte, Station [e]-Santé porte une attention particulière au développement de solutions réellement adaptées à ces usages, notamment à travers ses actions menées en gériatrie.
L’enjeu est clair : éviter que le numérique ne devienne une contrainte supplémentaire, et en faire au contraire un levier de simplification, de coordination et d’amélioration de la qualité des soins.
Cette visite d’étude a enfin mis en lumière la richesse des dynamiques européennes et l’intérêt d’un apprentissage collectif.
Pour Station [e]-Santé, ces échanges permettent non seulement de partager une expertise française, mais aussi d’enrichir ses propres pratiques, en s’inspirant de modèles complémentaires.
Dans un contexte où les défis sont largement communs, la coopération apparaît comme un levier essentiel.
Si les approches restent aujourd’hui diverses, une tendance semble se dessiner :
celle d’une convergence progressive vers des modèles intégrant à la fois innovation, expérimentation en conditions réelles, et structuration des usages.
Dans cette perspective, Station [e]-Santé réaffirme le rôle clé des tiers-lieux d’expérimentation comme interfaces entre innovation technologique et réalité des systèmes de santé.
L’enjeu n’est pas uniquement de développer de nouvelles solutions,
mais de s’assurer qu’elles trouvent leur place, durablement, dans la pratique.